Quand Noël se transforme en support informatique familial

Et voilà, Noël est déjà derrière nous, et les vacances semblent bien loin.
Si, chez vous aussi, certaines anecdotes de fin d’année tournent autour de la façon de débloquer la messagerie de papi et mamie, ou d’aider maman à installer une application sur son téléphone, rassurez-vous : vous n’êtes pas seuls.

Chez nous, comme dans beaucoup de familles, il suffit parfois d’un moment de calme autour de la table pour que les téléphones sortent. Pas pour prendre une photo du repas, mais pour « regarder vite fait un truc qui ne marche plus ». Un mot de passe refusé. Une application disparue. Un message inquiétant qui s’affiche sans qu’on sache vraiment ce qu’il signifie.

Sur le moment, on aide. Évidemment. On déverrouille, on réinstalle, on explique. On le fait souvent avec bonne volonté, parfois avec un peu d’agacement, parfois avec le sentiment de jouer les traducteurs entre l’univers numérique, devenu complexe, et des proches qui n’y trouvent plus leurs repères.

Ce qui frappe, c’est que ces scènes sont devenues banales. Elles ne se limitent plus à Noël ou aux repas de famille. Elles se répètent toute l’année, par message, par appel, ou lors d’une visite improvisée. Et bien souvent, elles reposent toujours sur les mêmes personnes.
Aider un proche avec « son informatique », comme dirait grand-mère, ce n’est pourtant pas anodin.

Il ne s’agit pas seulement de « cliquer au bon endroit ». Il faut comprendre le problème, rassurer, éviter de faire une erreur, expliquer sans infantiliser. Il faut aussi gérer une forme de responsabilité implicite : si quelque chose se passe mal plus tard, on se sent un peu responsable.

Du côté de ceux qui demandent de l’aide, la démarche n’est pas plus simple. Demander, c’est reconnaître qu’on ne comprend pas, qu’on a peur de mal faire, parfois qu’on se sent dépassé. Beaucoup hésitent, attendent trop longtemps, ou minimisent leurs difficultés. Jusqu’au moment où le problème devient bloquant.

Ce qui se joue là dépasse largement la technique.
Ce sont des questions de confiance, d’autonomie, de dignité aussi. Le numérique est désormais partout : services publics, santé, banque, communication avec les proches. Ne pas être à l’aise avec ces outils, ce n’est pas un détail, c’est une source d’inquiétude permanente.

Pourtant, l’assistance numérique intra-familiale reste largement invisible. Elle n’est ni structurée, ni outillée. Elle repose sur le bricolage, la débrouille et beaucoup de bonne volonté. Chacun fait comme il peut, sans cadre, sans filet, en espérant ne pas se tromper.
Peut-être est-il temps de reconnaître que ces « petits dépannages » racontent quelque chose de plus profond. Ils disent que le numérique a creusé un écart, et que ce sont souvent les familles qui tentent de le combler, seules.

Si ces scènes vous parlent, si vous vous reconnaissez dans ces moments passés à aider un proche devant un écran, sachez une chose : vous n’êtes pas seuls. Et surtout, ce que vous vivez n’a rien d’anecdotique. C’est précisément à partir de ces situations que Simeon est né.
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